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Points clés

  • La gestion ESG a connu une année 2020 exceptionnelle dans le contexte de la pandémie, après plus de dix ans de montée en puissance. Un nombre croissant d’investisseurs institutionnels échafaudent désormais des stratégies d’allocation à long terme en matière d’ESG.
  • Les investisseurs institutionnels sont de plus en plus convaincus que l'ESG dispose d’un bon potentiel d'alpha et qu'il ne s'agit pas seulement d'une opération de relations publiques.
  • Cette tendance favorable devrait encore s'accentuer car les investisseurs et les gestionnaires d'actifs sont confrontés aux pressions externes exercées par les régulateurs, qui incitent également le secteur à adopter de nouveaux indicateurs de durabilité. Bien que l'Asie soit à la traîne de ses homologues occidentaux, la région rattrape rapidement son retard sur le plan réglementaire.

Les débats sur les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) se sont enflammés pendant la pandémie, mais il ne s’agit pas d’un phénomène fugace. De plus en plus d’investisseurs institutionnels et gestionnaires d’actifs, notamment asiatiques, vont continuer à intégrer ces facteurs à leur processus de gestion afin d’accroître leurs performances.

La gestion ESG a connu une année 2020 exceptionnelle dans le contexte de la pandémie, après plus de dix ans de montée en puissance. Le quatrième trimestre de l’année a marqué un tournant : les stratégies ESG ont enregistré une collecte record de 152 milliards de dollars, atteint des actifs sous gestion historiques de 1 600 milliards de dollars et entraîné le lancement de 196 produits, là encore un record.

Un nombre croissant d’investisseurs institutionnels échafaudent désormais des stratégies d’allocation à long terme en matière d’ESG, qu’ils sont peu susceptibles de remettre en question ensuite, même après la pandémie.

On considère de plus en plus que l’investissement responsable réduit les risques et accroît les performances. Ce type de gestion est une véritable force de changement. Selon Fabrice Chemouny, responsable de l’Asie-Pacifique chez Natixis Investment Managers (Natixis IM), l’investissement responsable permettra de mieux protéger l’environnement, de renforcer la diversité et l’inclusion, de promouvoir l’égalité sociale et de contribuer à une gouvernance de qualité.

« Les investisseurs de la région Apac ont compris que l'ESG n'était pas seulement une stratégie d'investissement pour se donner bonne conscience. [Cette approche] peut vraiment surperformer les indices non ESG. L’année 2021 confirmera certainement cette tendance », renchérit Fabrice Chemouny.

En effet, les investisseurs institutionnels sont de plus en plus convaincus que l'ESG dispose d’un bon potentiel d'alpha et qu'il ne s'agit pas seulement d'une opération de relations publiques. Dans l'enquête mondiale de Natixis IM menée auprès des investisseurs institutionnels et publiée en 2015, la moitié des institutions interrogées avaient déclaré que l'ESG recélait des sources d’alpha. En 2020, ce chiffre est passé à 62 %. Ils sont également plus nombreux à penser que l'ESG génère des performances ajustées du risque plus élevées (29 % en 2020 contre 15 % en 2015).

On observe également des taux d'adoption beaucoup plus élevés chez les investisseurs professionnels. La proportion d'investisseurs institutionnels intégrant les facteurs ESG a grimpé de 61 % à 72 %, comme le montrent les données de Natixis IM dans ses perspectives 2019 et 2021.

Impulsion réglementaire
Cette tendance favorable devrait encore s'accentuer car les investisseurs et les gestionnaires d'actifs sont confrontés aux pressions externes exercées par les régulateurs, qui incitent également le secteur à adopter de nouveaux indicateurs de durabilité.

Aux quatre coins du monde, les régulateurs continuent de faire pression sur les investisseurs institutionnels et les gestionnaires d'actifs pour qu'ils tiennent compte des enjeux de durabilité dans leurs investissements. L'Union européenne est passé à la vitesse supérieure en publiant des lignes directrices en matière de reporting, qui obligent les entreprises cotées à publier une déclaration non-financière de leurs activités économiques durables d’un point de vue environnemental.

Bien que l'Asie soit à la traîne de ses homologues occidentaux, la région rattrape rapidement son retard sur le plan réglementaire. A Singapour, les régulateurs ont instauré des lignes directrices pour la gestion des risques environnementaux, tandis que Hong Kong envisage également d'obliger les entreprises et les investisseurs à publier des informations environnementales en 2025. Les régulateurs taïwanais élaborent également de nouvelles règles ESG afin d'empêcher l'écoblanchiment (« greenwashing »).

« Les investissements ESG ne sont devenus que récemment une thématique importante dans la région Asie-Pacifique. Les investisseurs de cette région ont tardé à réagir par rapport à l'Europe. Mais je dirais que la pandémie a joué le rôle de catalyseur », explique Fabrice Chemouny.

« L'adoption des stratégies ESG par les investisseurs locaux en Asie-Pacifique peut désormais aller très vite. La population, qui est jeune, sait l'importance de construire un monde meilleur. On observe de plus en plus d’appels d’offres lancés par de grands investisseurs, des fonds souverains, des fonds de pension d'entreprise, des compagnies d'assurance-vie et même des banques privées, qui exigent une solide expertise ESG ».

Stratégies ESG
Non seulement le nombre d'investisseurs professionnels mettant en oeuvre des stratégies ESG a considérablement augmenté, mais ceux-ci ont également recours à un éventail plus large de stratégies ESG.

« Diverses approches ESG sont nécessaires car les enjeux sont complexes. Ils sont profondément enracinés, ils sont restés longtemps en gestation et il faudra beaucoup de temps pour y répondre », précise Fabrice Chemouny.

L'approche dite d’intégration ESG, qui tient compte dans l’analyse des investissements des problématiques ESG susceptibles d'affecter considérablement les performances des entreprises, est le plus souvent utilisée par les institutions et les sélectionneurs de fonds. Cependant, étant donné le large éventail de facteurs pouvant être pris en compte dans le cadre d'une approche ESG, il peut être difficile de savoir quelles données sont importantes pour l'analyse, selon le rapport 2021 ESG Investor Insights de Natixis IM.

Les investisseurs professionnels s'appuient aussi largement sur la technique du filtrage négatif dans le cadre de leurs stratégies ESG, ce qui leur permet d’exclure de leur portefeuille les entreprises ou les secteurs jugés non éthiques ou nuisibles à la société. Cette approche peut contribuer à la performance des investissements, mais le secteur n'a guère trouvé de preuves tangibles confirmant qu'elle puisse aider à résoudre des problèmes sociétaux ou qu'elle soit efficace pour gérer les risques.

Dans le cadre de l'actionnariat actif, les investisseurs exploitent leurs droits de vote pour influencer le comportement des entreprises et faire en sorte qu'elles soient mieux positionnées pour résister aux transitions systémiques. Les investisseurs professionnels sont également plus nombreux à opter pour l'investissement à impact, qui vise à obtenir une surperformance financière tout en contribuant à résoudre des problèmes sociétaux, indique le rapport.

Source pour tous les chiffres: Natixis IM - 2021 ESG Investor Insights Report
Cet article a été publié pour la première fois sur le site AsianInvestor le 7 juin.
Publié en septembre 2021.

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