Source ECB : https://data.ecb.europa.eu/data/datasets/SUP/dashboard
Les ratios de capitaux sont solides, avec un CET1 (fonds propres de catégorie 1) moyen de 16,3 % pour les banques de la zone euro selon l’Autorité Bancaire Européenne (ABE, T4 2025)
Les revenus nets d’intérêt devraient se stabiliser dans ce cycle de baisse des taux, avec un potentiel de croissance au deuxième semestre où nous anticipons un léger rebond de la production de crédits. Nous avons notamment une vue favorable sur la croissance des revenus des banques espagnoles, grecques et britanniques qui ont des croissances de prêts supérieures à la moyenne européenne. Les banques françaises bénéficieront quant à elles de la baisse des taux du livret A, soutenant leurs marges nettes d’intérêt. Enfin, nous sommes constructifs sur les banques universelles et d’investissement qui bénéficient de pipelines robustes dans la banque d’investissement, et de collectes positives dans l’assurance vie et la gestion d’actifs et de fortune. Nous projetons que les performances de ces banques restent robustes.
Nombreux thèmes à suivre, à court-terme et à moyen-terme
Parmi les plus marquants et de court terme, le sujet de la consolidation bancaire reste central. Avec des paysages bancaires encore fragmentés notamment en Italie.
Également, le stimulus allemand est clé pour la croissance européenne et celle des prêts. La croissance des volumes de prêts en zone euro, autour de 2,5 %, reste inférieure à celle observée aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Sur le plan réglementaire, plusieurs sujets demeurent : notamment l’introduction de la préférence des dépôts dans le cadre de la CMDI1.
Pour les questions plus structurelles, le paysage bancaire devient de plus en plus concurrentiel avec l’émergence des néo-banques. Cela pousse les banques à accélérer leur transformation digitale. Le développement des stablecoins (cryptomonnaie stable) peut représenter à la fois des menaces et des opportunités pour les banques qui s’adapteront rapidement à la digitalisation de la finance.
Risque de Black Swan2
Malgré notre vision favorable des fondamentaux, plusieurs risques pourraient remettre en cause nos perspectives. Les banques ont cependant des points de départ solides pour affronter ces risques.
Nous surveillons particulièrement les risques macroéconomiques, politiques et géopolitiques, susceptibles d’affecter la croissance, l’inflation, la trajectoire des taux et, par conséquent, la croissance des prêts, les marges et la qualité d’actifs. Les banques restent aussi relativement sensibles au risque souverain domestique. A noter que les banques européennes sont très peu exposées au Moyen Orient mais restent exposées aux conséquences du conflit sur l’environnement économique.
L’essor de la dette privée est un autre risque : des défauts observés en septembre 2025 ont suscité des inquiétudes. Les expositions des banques européennes à la dette privée restent limitées et inférieures à celles des banques américaines. Toutefois, avec le développement des SRT en Europe notamment (Significant Risk Transfer, outil d’optimisation du capital), nous suivrons une exposition croissante aux fonds de dette privée.
Enfin, l’Intelligence Artificielle est un enjeu majeur : investissements importants et valorisations élevées dans le secteur Tech. L’exposition des banques aux entreprises de la Tech et des logiciels (menacés par l’Intelligence Artificielle) reste modérée. Les banques sont davantage sensibles à une baisse des marchés actions et à un ralentissement des investissements en technologie de l’information (IT) qui impacteraient cependant plus la croissance américaine qu’européenne.
Omar Ettaqy
Gérant Crédit
En plus de bénéficier de fondamentaux robustes, les obligations du secteur bancaire européen ont aussi été soutenues par des facteurs techniques très favorables. En effet, les fortes collectes observées dans la classe d’actifs crédit en 2025 (36 millards d’euros sur le segment Investment Grade et 9.5 millards d’euros sur le segment High Yield) ont permis entre autres d’absorber des volumes d’émissions bancaires globalement en hausse par rapport à 2024, notamment sur la partie “senior non prefered” et holding . Cet appétit pour les émissions du secteur est resté ferme malgré des primes d’émissions quasi nulles.
Comme l’illustre le tableau ci-dessous, ce contexte a donné lieu à une très bonne année pour le secteur dans l'absolu, mais aussi relativement au marché du crédit Investment Grade puisque les spreads contre swaps se sont en moyenne davantage compressés sur les dettes senior et encore davantage s’agissant des dettes subordonnées et hybrides (contingent convertible bonds - Cocos - par exemple)