Porté par une demande de microcomposants en expansion, le KOSPI s’est envolé induisant des déséquilibres macroéconomiques de plus en plus visibles.
Le Kospi a remarquablement progressé depuis le début de l’année (+ 63%)1. Soutenu par une croissance bénéficiaire attendue à 330% en 2026 et 35% en 2027, l’indice a récemment connu des phases de volatilité associées à des phénomènes d’exubérance1. Les craintes concernant la soutenabilité des investissements des hyperscalers conjuguées au débouclage de positions ultra-spéculatives ont provoqué une correction de 24% depuis ses points hauts de mi-juin1.
Samsung et SK Hynix tirent profit de la rareté des microcomposants mémoire sur le marché mondial. Dans un contexte d’offre contrainte et de demande en constante expansion, le duopole dispose d’un pouvoir de fixation des prix lui permettant d’accroître ses marges. Ce goulet d’étranglement technologique contribue à intervalles réguliers à nourrir le doute dans l’esprit des investisseurs quant à la trajectoire d’investissement dans l’Intelligence Artificielle, sa circularité, sa concentration, son mode de financement ainsi que son rendement futur.
Il n’en demeure pas moins que l’impact de ce cycle mondial d’investissement dans les capacités de calcul et de stockage participe à l’amélioration substantielle de la balance commerciale sud-coréenne. Les exportations ont ainsi bondi de 62.8% comparativement à juillet 2025 et s’établissent à 99 Mds $, portant l’excédent commercial à 30 Mds $1. Les exportations de semi-conducteurs ont atteint 41 Mds $, en croissance de 200% sur un an1. La balance commerciale est l’un des moteurs de la croissance sud-coréenne récente. La demande interne, que ce soit la consommation des ménages ou l’investissement des entreprises, n’est pas en reste, ces agents bénéficiant d’une augmentation continue de leurs revenus réels. L’acquis de croissance sud-coréen pour 2026 caracole déjà à 3.1%, soit près du double des Etats-Unis1.
Les récentes primes octroyées par Samsung à ses employés sont d’ailleurs un motif de préoccupation pour la Banque Centrale qui voit la hausse des salaires et des prix de production s’accélérer, la forçant à agir avec plus de vigueur dans le lissage du cycle économique à l’œuvre. Compte tenu des développements au Moyen-Orient, de leur impact sur les prix des matières premières énergétiques mais également d’un régime de demande en expansion, la Banque de Corée a ainsi décidé de relever ses taux directeurs de 25 bps en juillet, portant le taux de base à 2,75%2.
Le miracle coréen, à l’image de la progression des valeurs boursières portées par les investissements du secteur technologique, devrait se poursuivre. Les entreprises technologiques maintiendront leurs efforts d’investissement en 2027, ce qui devrait soutenir la croissance des bénéfices des entreprises sud-coréennes, accentuant les déséquilibres macroéconomiques tant interne qu’externe et engendrant davantage de volatilité. La réaction des décideurs politiques sera alors déterminante pour éviter que ce miracle n’échappe à tout contrôle.
Rédigé en août2026 par Romain Aumond et Mabrouk Chetouane