Rester calme et maintenir l'exposition
Les investisseurs institutionnels anticipent une poursuite de la volatilité qui a secoué les marchés mondiaux en cette fin d'année, et s'attendent à ce que la tendance haussière dont bénéficie le marché américain touche à sa fin - si ce n'est déjà fait.

Quelles sont leurs perspectives pour l'année à venir ? Ils prévoient une hausse de la volatilité des actions et des obligations et une hausse des taux d'intérêt. Est-ce que cela les obligera à modifier leurs allocations ? Pas nécessairement.

Malgré les nombreux défis potentiels auxquels le marché est confronté, six institutionnels sur dix affirment être prêts à gérer les risques en 2019 - et n'envisagent pas de revoir à la baisse leurs hypothèses de performance moyenne à long terme (6,7 %). Et même confrontés à des difficultés potentiellement plus contraignantes, 77 % d'entre eux estiment que ces hypothèses sont réalistes.

C'est ce qui détermine la façon dont ils envisagent la répartition de leur portefeuille et leurs paris sectoriels pour 2019. La hausse des taux et les pics de volatilité sont identifiés par les investisseurs institutionnels comme les principaux risques à venir. Mais même s'ils effectuent quelques arbitrages, ils maintiennent globalement le cap - pour l'instant. Notre plus récent sondage auprès des investisseurs institutionnels révèle leurs prévisions pour l'année à venir, ainsi que neuf tendances qui guident leur stratégie d'investissement à long terme.

Le mouvement de hausse des taux, après des années de taux bas

Après dix ans au niveau zéro ou presque, les taux d’intérêt sont en hausse. Il s’agit pour les institutions d’un nouveau défi en matière de risques.

  • 75 % des investisseurs institutionnels s’inquiètent du fait que les taux bas persistants ont créé des bulles spéculatives.
  • Ils s’inquiètent du rythme de la hausse des taux, plutôt que de son amplitude.
  • 56 % d’entre eux sont convaincus que les hausses de taux auront une incidence négative sur la performance.

 

La volatilité est la nouvelle réalité

Ces dix dernières années, le faible niveau de volatilité sur les marchés a contribué à soutenir la performance. Mais à mesure que les taux augmentent, beaucoup s’attendent à un retour à des standards historiques dans lesquels la volatilité joue un rôle plus important.

  • 52 % des investisseurs interrogés affirment que la volatilité est un risque de portefeuille.
  • Ils sont autant à affirmer que la dispersion (variance des mouvements conjoints des prix des titres) augmentera en 2019, ce qui explique notamment pourquoi bon nombre d’entre eux pourraient se concentrer sur la gestion active.

 

La gestion active est plus importante

Avec le retour de la volatilité, les institutionnels se concentrent sur la gestion active, allouant 70 % à ce type de gestion contre seulement 30 % à la gestion passive.

  • 79 % d’entre eux estiment que les conditions de marché favoriseront une gestion active en 2019.
  • 78 % sont prêts à payer une commission de surperformance plus élevée.

 

Le rôle croissant des actifs privés

En raison des performances incertaines et de la hausse des taux sur les marchés boursiers traditionnels, de nombreux investisseurs institutionnels se tournent vers les marchés privés pour améliorer la performance de leur portefeuille.

  • 72 % des investisseurs institutionnels affirment que la performance du private equity compense le risque de liquidité.
  • 60 % estiment que la diversification est l’une des principales raisons qui les poussent à investir dans des actifs privés.

 

Les bulles spéculatives s’aggravent

Alors que le cycle haussier du marché touche à sa fin après dix années, les investisseurs institutionnels entrevoient des bulles spéculatives potentielles dans un certain nombre de classes d’actifs - et 71 % pensent que les investisseurs individuels n’en sont pas du tout conscients.

  • Cryptomonnaies - 64 % des institutionnels affirment qu’une bulle s’est formée sur le marché des cryptomonnaies. Mais compte tenu de la chute de 73 % du Bitcoin et de 85 % de l’Ethereum depuis janvier1, il se peut que cette bulle ait déjà éclaté.
  • Technologies - 45 % des institutionnels sont convaincus de l’existence d’une bulle technologique. La correction des actions des FAANG au quatrième trimestre a-t-elle permis d’atténuer les pressions - ou faut-il s’attendre à un éclatement plus violent ?
  • Actions - 41 % des institutionnels anticipent une bulle sur les marchés boursiers.

 

La crise politique entraîne un bouleversement du marché

Deux ans après le Brexit et l’élection de Donald Trump, la géopolitique continue de conditionner le sentiment des investisseurs.

  • Par quoi la sécurité financière mondiale est-elle menacée ? 44 % répondent la géopolitique, tandis que 37 % accusent les tensions commerciales.
  • 77 % affirment que les événements géopolitiques auront un impact négatif sur la performance du portefeuille.

 

Qui paiera la facture de la dette publique ?

L’une des réalités du marché d’après-crise a été l’explosion de la dette publique. Et à mesure que la dette s’est alourdie, les risques ont également augmenté. Le problème de la dette publique peut être aggravé par la hausse des taux d’intérêt.
Une part importante de cette nouvelle dette a été contractée à des taux historiquement bas.

  • Six institutionnels sur dix estiment que la crise croissante de la dette constitue une menace pour la sécurité financière mondiale.

 

Une nouvelle crise se profile à l’horizon

Les marchés n’ont plus connu de catastrophe majeure depuis une décennie. Les investisseurs institutionnels ont augmenté le volume de leurs actifs et ont aisément géré les pressions à court terme. Mais toutes les bonnes choses ont une fin - et les institutionnels prédisent que la prochaine crise financière mondiale se produira d’ici cinq ans. Quelles sont, selon eux, les cinq principales menaces ?

  • La dette publique pour 62 %
  • Les bulles spéculatives pour 48 %
  • La géopolitique pour 44 %
  • Les litiges commerciaux pour 37 %
  • Le vieillissement de la population pour 22 %

 

Rester calme et continuer d’investir

Comme vous pouvez le constater ci-dessus, les investisseurs institutionnels ont une vision à long terme. Avec un horizon moyen de dix ans ou plus, ils ne se cantonnent pas aux facteurs qui auront une incidence sur la performance à court terme pour cerner les tendances qui orienteront la stratégie du portefeuille dans les années à venir. En synthèse : ils gardent le cap pour l’instant.

 


LIRE LE RAPPORT DANS SON INTÉGRALITÉ

En savoir plus sur ce qui empêche les investisseurs institutionnels de dormir dix ans après la crise financière mondiale.

À propose de l’enquête
L’enquête internationale de Natixis Investment Managers auprès des investisseurs institutionnels a été menée par CoreData Research en octobre et novembre 2018. L’enquête a été menée auprès de 500 investisseurs institutionnels répartis dans 28 pays.
1 Variation en pourcentage des cours de clôture entre le 31 décembre 2017 et le 26 novembre 2018.

Contrairement aux stratégies passives, une stratégie active ne cherche pas à suivre ou répliquer un indice. Ainsi, la capacité d’une approche active à atteindre ses objectifs dépendra de la qualité de la gestion du gérant de portefeuille.

Ce document est fourni exclusivement à titre informatif et ne doit pas être considéré comme un conseil en investissement.

Tout investissement comporte des risques, y compris le risque de pertes. Aucune stratégie ni aucune technique de gestion du risque ne peut garantir une performance positive ou éliminer le risque dans tous les environnements de marché.