BlackRock est deuxième et Amundi se hisse à la troisième place, selon le tout nouveau Broadridge Fund Brand 50 Report. Lazard AM gagne neuf points et fait une entrée fracassante dans le classement.

Natixis Investment Managers est devenue en 2023 la marque préférée des sélectionneurs de fonds en France, selon le sondage réalisé chaque année par Broadridge. Il ravit le titre à Pictet, qui le détenait depuis 2019. L’an passé, la société de gestion du groupe BPCE était deuxième. « Natixis est désormais classée parmi les trois premières marques pour neuf des onze critères que nous examinons », commente Chris

Chancellor, vice president, Distribution Insight, chez Broadridge, interrogé par L’Agefi. L’orientation client et l’ESG ont particulièrement été importants.

L’étude Broadridge Fund Brand 50 évalue depuis treize ans les marques de gestion d’actifs en s’appuyant sur des entretiens avec plus de 1.200 sélectionneurs de fonds dans le monde. Ces derniers sont invités à nommer leurs trois principaux fournisseurs en fonction de dix critères tels que l’attrait des stratégies d’investissement, la stabilité des équipes, la durabilité, l’orientation clients...

Longtemps premier, Pictet dégringole de quatre marches et se retrouve cinquième. Broadridge observe que les marques de gestion d’actifs fortement associées à l’ESG, comme Pictet et d’autres, ont vu leur note reculer en 2023, au cours d’une année difficile pour ce thème, même si le phénomène a été plus contrasté en France.

BlackRock arrive deuxième du classement français, grâce à un gain d’un point. « BlackRock a un profil de marque très différent de celui de Natixis : il est classé numéro un pour trois critères mais a également trois critères pour lesquels il est classé en dehors du top 20 ; cela montre qu’il n’est pas nécessaire d'être aimé pour tout pour avoir une marque forte. Le groupe est surtout considéré comme un acteur mondial clé solide et innovant. Avec les vents contraires de ces dernières années, il est important d'être perçu comme une entreprise solide et stable », explique Chris Chancellor.

Amundi se hisse à la troisième place, après avoir été cinquième l’an dernier. « Amundi excelle dans la connaissance du terrain - c’est sa caractéristique principale, mais en toute honnêteté, la société est bonne dans tous les domaines. Dans chacun de nos 11 critères, Amundi se classe parmi les 10 premiers, ce qui signifie qu’elle est appréciée pour un large éventail de raisons et qu’elle a un profil de marque assez cohérent », indique Chris Chancellor.
Avec les vents contraires de ces dernières années, il est important d'être perçu comme une entreprise solide et stable. "

~ Chris Chancellor, Vice President, Broadridge

Après deux années de stabilité, le classement des trois sociétés de gestion préférées des sélectionneurs de fonds français a donc évolué en 2023.

Le classement français 2023 est aussi marqué par l’entrée fracassante de Lazard Asset Management à la sixième place du classement, grâce à un gain de neuf points sur un an. « Lazard a vu sa position de marque progresser dans presque tous les pays d’Europe, ce qui suggère qu’elle fait de bonnes choses dans plusieurs endroits. La croissance a été particulièrement forte en France. En France, il semble que cela soit lié au produit, puisque la marque a fortement progressé pour la " stratégie d’investissement attrayante ", mais aussi au service - elle est désormais classée numéro un pour l’attribut de marque « être le mieux informé ". Le fait qu’ils soient bien notés pour une gamme de secteurs obligataires aura certainement aidé en 2023 », justifie Chris Chancellor.

Une autre société de gestion s’est illustrée : il s’agit d’Eleva Capital, qui grignote trois places et prend la neuvième. D’autres boutiques indépendantes figurent dans le classement : Moneta AM, qui gagne un point et se classe huitième, et Comgest, qui perd 4 places et arrive dixième. En revanche, La Financière de l’Echiquier, en train d’être absorbé par LBP AM, a quitté le top 10.

Fidelity reste stable à la quatrième place, tandis que JPMorgan AM gagne un point et se classe septième.

Vanguard profite de l'engouement pour la gestion passive
Dans le classement européen, les cinq marques préférées des sélectionneurs de fonds restent inchangées par rapport à l’an dernier. Il s’agit des acteurs bien établis BlackRock, JPMorgan AM, Fidelity, Pictet AM et Amundi.

Pour le reste, Vanguard fait une entrée remarquée dans le top 10, profitant d’un engouement de plus en plus prononcé pour la gestion passive. < Le spécialiste des ETF iShares progresse également dans le classement, passant de la huitième à la sixième place, passant devant Robeco, bien que le gestionnaire actif néerlandais conserve la première place pour ses références en matière d’ESG. La tendance passive est également mise en évidence par l’entrée de Xtrackers dans le top 50, la gamme d’ETF sectoriels et thématiques de la société s’avérant populaire auprès des sélectionneurs de fonds >, note Barbara Wall directrice de Global DIstgribution Insights chez Broadridge.

Pimco fait aussi son retour dans le classement, grâce à son positionnement obligataire plutôt bien adapté à la période actuelle.

Outre la gestion passive, < le fait marquant est que 2023 a été une mauvaise année pour l’ESG en Europe >, estime Broadridge. < Les problèmes de transparence, les performances médiocres, les pressions réglementaires et les questions de sécurité énergétique ont exacerbé la situation. Les sorties de fonds d’investissement responsable, les préoccupations liées à l'écoblanchiment et la reclassification de nombreux produits relevant de l’article 9 ont été autant de facteurs aggravants, certains commentateurs se demandant si l’ESG a atteint un point de basculement >, détaille le consultant.

Les entretiens menés par Broadridge avec des sélectionneurs de fonds suggèrent que cela est peut-être exagéré, car l’ESG constitue toujours une considération majeure dans la prise de décision en matière d’investissement. < Mais les entreprises sont indéniablement plus sceptiques et soumettent les références des gestionnaires d’actifs à un examen plus approfondi afin de valider la bonne foi d’une entreprise en matière d’ESG. Pour faciliter cette démarche, les sélectionneurs aimeraient disposer d’un vocabulaire plus standardisé autour de l’ESG, ainsi que d’une meilleure communication sur les positions et l’engagement des portefeuilles >, note Broadridge.

Cela posé, même si les convictions ESG ne changent plus la donne, Broadridge souligne que 50 % des dix premières marques obtiennent d’excellents résultats dans ce domaine. Amundi, en particulier, a été félicitée pour sa gamme d’investissements durables.

Si l’ESG est moins un facteur de différenciation pour les sociétés de gestion et leurs clients, d’autres prennent le relais : le non coté en est un. Et certains acteurs en ont profité. « La réputation de Schroders sur les marchés privés et les marchés obligataires en pleine croissance a atténué les critiques sur les frais de la société et a permis au gestionnaire de limiter les dommages causés à sa marque à la chute d’un seul échelon de l'échelle », commente Broadridge.

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