Les métaux et l’industrie minière se trouvent au cœur de plusieurs grandes tendances de long terme, notamment la transition énergétique, l’électrification, les infrastructures numériques, la résilience industrielle et la sécurité économique.
À mesure que les minéraux critiques deviennent indispensables à l’économie mondiale, l’augmentation de l’offre constitue un défi majeur. Celle-ci demeure limitée par une forte concentration géographique, des contraintes réglementaires et des délais de développement particulièrement longs. Dans le même temps, le secteur est exposé à d’importants risques environnementaux et sociaux, ce qui renforce la nécessité de promouvoir des pratiques minières responsables.
Ces dynamiques font évoluer les métaux et les minerais d’une simple classe de matières premières vers une véritable thématique d’investissement stratégique fondée sur la sécurité d’approvisionnement, la compétitivité industrielle et le développement durable des ressources.
Le rôle stratégique des métaux et de l’industrie minière dans une économie en mutation
Transition énergétique : Les énergies renouvelables, les batteries, les véhicules électriques et les infrastructures de réseau nécessitent davantage de ressources minérales que les systèmes énergétiques conventionnels. Les investissements liés à la décarbonation soutiennent ainsi une demande croissante en cuivre, lithium, nickel, graphite, terres rares, aluminium et autres matériaux critiques.
D’ici 2040, la demande de minéraux provenant des technologies d’énergie propre devrait être multipliée par deux a quatre1.
Électrification : La mobilité électrique, les infrastructures de recharge, l’électrification industrielle et l’extension des réseaux électriques nécessitent des volumes importants de métaux. Le cuivre est indispensable aux réseaux électriques, aux moteurs, aux bornes de recharge, à la production renouvelable et aux centres de données, tandis que l’aluminium contribue au renforcement des réseaux et des infrastructures de transport.
Un véhicule électrique nécessite environ six fois plus de ressources minérales qu’un véhicule thermique conventionnel2.
Intelligence artificielle et numérisation : L’IA et les infrastructures numériques constituent désormais une source importante de demande en métaux. Les centres de données nécessitent notamment d’importantes quantités d’électricité, d’équipements électriques, de systèmes de refroidissement, de semi-conducteurs et d’infrastructures de connectivité, en plus de métaux tels que le cuivre, l’aluminium, les aciers spéciaux et les matériaux avancés. La croissance de l’IA renforce également le besoin d’étendre les réseaux électriques.
Les infrastructures d’IA sont bien plus intensives en ressources que les infrastructures cloud traditionnelles, nécessitant entre 65 et 70 tonnes de métaux par MW, principalement pour les systèmes d’alimentation électrique et de refroidissement3.
Réindustrialisation et résilience des chaînes d’approvisionnement : Les minéraux critiques sont devenus une priorité stratégique pour de nombreux pays cherchant à renforcer leur production industrielle locale, réduire leurs dépendances et soutenir leur compétitivité économique.
La chine représente environ 35 % des capacités mondiales de raffinage du nickel, 50 à 70 % de celles du lithium et du cobalt, et près de 90 % de celles des terres rares4.
Défense et sécurité : Les métaux critiques jouent également un rôle essentiel dans les secteurs de la défense et de la sécurité, notamment dans les systèmes électroniques avancés, l’aéronautique, les communications et les technologies stratégiques.
Plus de 60 plans stratégiques visant à renforcer la fiabilité et la résilience des approvisionnements en minéraux sont aujourd’hui déployés dans les principales économies mondiales5.
Moteurs de création de valeur à long terme
La combinaison d’une demande structurelle en forte croissance et d’une offre contrainte et géographiquement concentrée crée des opportunités d’investissement de long terme dans l’ensemble du secteur des métaux et de l’industrie minière. Répondre à cette demande nécessitera des investissements significatifs sur l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis l’ouverture de nouvelles mines et le renforcement des capacités de raffinage, jusqu’aux infrastructures, aux procédés de transformation et au recyclage.
Cependant, l’offre est difficile à développer rapidement. Même lorsque les ressources minérales sont disponibles, la capacité à les exploiter de manière responsable, durable et dans des délais raisonnables reste un frein majeur pour l’industrie.
En moyenne, plus de 16 ans s’écoulent entre le lancement d’un projet minier et le début de la production de minerais6.
La forte concentration géographique de la production de minerais critiques accroît les risques de rupture d’approvisionnement, une poignée de pays concentrant l’essentiel de l’extraction mondiale.
La concentration de l’offre s’est renforcée : les trois principaux pays producteurs contrôlent désormais 77 % de la production de minerais clés pour la transition énergétique, contre 73 % en 20207.
Le marché est encore plus concentré au niveau du raffinage. La part de marché cumulée des trois principaux pays raffineurs est passée de 82 % en 2020 à 86 % en 2024, principalement sous l’effet du rôle croissant de l’Indonésie dans le nickel et de la Chine dans le cobalt, le graphite et les terres rares8.
Les mesures de restriction à l’exportation de matières premières critiques ont triplé entre 2024 et 20259.
Face à ces défis, les gouvernements d’Amérique du Nord et d’Europe ont lancé d’importantes initiatives, telles que l’Inflation Reduction Act aux États-Unis (2022) et le Critical Raw Materials Act de l’Union européenne (2023). Leur objectif est de renforcer la sécurité d’approvisionnement grâce au développement de la production locale, aux partenariats stratégiques, au recyclage et à la diversification des sources, tout en maintenant des standards environnementaux et sociaux élevés.
Le recyclage et l’économie circulaire jouent également un rôle de plus en plus central. Ils offrent d’importantes opportunités de long terme en contribuant à réduire la pression sur l’extraction primaire, à renforcer la sécurité d’approvisionnement, à limiter les impacts environnementaux et à faire émerger de nouveaux modèles économiques tout au long de la chaîne de valeur.