Nick Groom et Paul Bucksey présentent les différentes méthodes possibles pour que les épargnants touchent le revenu dont ils ont besoin une fois partis en retraite

Nick Groom

Head of UK DC Strategy & Sales, Institutional Business
Natixis Investment Managers
L’adhésion automatique (auto-enrolment) connaît un succès indéniable au Royaume-Uni. Dix ans après son lancement, près de 20 millions de personnes cotisent à une pension de retraite au sein de leur entreprise. Mais il va falloir redoubler d’efforts pour que les épargnants se constituent un capital suffisant pour financer leur retraite. Lors de sa dernière conférence annuelle, la Pensions and Lifetime Savings Association (PLSA) a commissionné une étude, réalisée par le Pensions Policy Institute (PPI), qui révèle que plus de 50 % des épargnants ne parviendront pas à atteindre l'objectif de revenu nécessaire pour vivre une retraite agréable. Cette proportion est inquiétante et devrait non seulement servir d’alerte mais aussi susciter des initiatives concertées. Les régimes eux-mêmes, leurs membres, les gestionnaires d'actifs mais aussi les États ont un rôle à jouer pour garantir de meilleurs résultats en matière de pension de retraite..


Compte tenu de l’état actuel des marchés financiers et de l'aggravation de la crise du pouvoir d’achat, il est primordial d’initier un dialogue constructif avec les adhérents des plans de retraite afin de s'assurer qu’ils continuent à investir pour sécuriser leur avenir financier. Selon le Millionaire Report publié récemment par Natixis IM, même les personnes très aisées sont inquiètes pour leur retraite. En effet, six personnes sur dix (58 %) disposant de plus d'un million de dollars d'actifs investis estiment qu'elles devront travailler plus longtemps que prévu pour accumuler un capital suffisant permettant de financer leur retraite.

Mais que peuvent faire les régimes et leurs adhérents pour s'assurer que la prochaine génération ne soit pas lésée ?

Sociétés de gestion : Stratégies
La crise récente du marché des Gilts et la baisse de la valeur des actifs qui en a résulté ont créé un sentiment de nervosité concernant les expositions illiquides sur le marché des retraites à prestations définies (DB). Il est essentiel que cette tendance ne se répercute pas sur le marché des régimes à cotisations définies (DC), où les actifs illiquides jouent un rôle important en dopant les performances des investissements à long terme et en améliorant la diversification des portefeuilles. Les investissements illiquides peuvent offrir divers avantages aux épargnants, comme la prime d'illiquidité, l'accès à des classes d'actifs alternatives et une exposition aux facteurs ESG. Le gouvernement mène une consultation active sur la manière d'en améliorer l'accès, une démarche que nous soutenons activement.

Comme l'avait montré une note de recherche de NEST en 2020, les membres des régimes seront plus incités à s’engager (ce qui contribuera à leur propre épargne et aux flux de trésorerie des sociétés de gestion afin d'améliorer leurs stratégies) si leur capital est consacré à des investissements ayant un impact positif sur le monde et qui font sens. Malheureusement, les actifs privés qui ont vraiment du sens et qui ont des résultats positifs, comme les investissements dans le capital naturel, la biodiversité et la transition énergétique, sont presque inaccessibles pour les régimes à cotisations définies.

Pour faciliter l'accès des régimes de retraite à ces types de stratégies d'investissement, les sociétés de gestion doivent, dans la plupart des cas, concevoir des solutions intégrant des options d’optimisation de la liquidité. L’industrie des sociétés de gestion doit également collaborer plus étroitement avec les régimes sur les formules de frais et doit faire preuve de flexibilité quant à la signification et la portée de leurs investissements. Jusqu'à présent, la demande atone pour ces stratégies et la course au moins-disant en termes de prix chez les régimes à cotisations définies n'ont pas incité les sociétés de gestion de fonds à développer des solutions plus adéquates.

L'année dernière, Natixis IM a développé une solution en partenariat avec Smart Pension pour proposer aux bénéficiaires de ses régimes de retraite de profiter des bienfaits des actifs illiquides. La solution garantit que le régime de retraite multi-employeurs (Master trust) dispose de liquidités suffisantes pour répondre à ses exigences, tout en donnant accès à la composante crédit du marché privé et en améliorant la diversification du fonds par défaut pour répondre aux besoins des adhérents. Il est nécessaire de concevoir et de commercialiser de telles solutions auprès des fonds par défaut des régimes à cotisations définies si nous voulons offrir de meilleurs résultats aux adhérents, ce qui est crucial à mesure que les régimes à cotisations définies (DC) se substituent aux régimes à prestations définies (DB).

Deuxièmement, pour la première année d’un exercice se terminant après le 1er octobre 2023, les administrateurs (trusts) et les gestionnaires des régimes de retraite professionnelle concernés seront tenus de publier la répartition complète des actifs des investissements de leurs fonds par défaut. Et les futures révisions de leurs principes d'investissement devront inclure une rubrique spécifique à la politique en matière d'investissements illiquides. Nous pensons par ailleurs que les régimes devraient s’appuyer sur les classes d'âge dans le cadre des informations à publier sur l'allocation d'actifs de leur fonds par défaut, et ce afin d’illustrer les différentes phases d'allocation d'actifs dans le processus d’accumulation de capital.

Cette transparence accrue aidera les régimes à mieux comprendre comment améliorer leur performance en investissant dans d'autres classes d'actifs et à identifier les domaines où des améliorations sont possibles. Cette obligation de publication peut également aider les régimes à mieux comprendre la diversification de leurs portefeuilles sur la durée, ce qui pourrait leur permettre, par exemple, d’atténuer le risque lié à la volatilité des marchés.

Régimes : Technologie
Ces dix dernières années, les technologies qui nous entourent ont évolué d'une manière et à une vitesse que nous n'aurions jamais pu prévoir.

Sur cette période, nous avons pris l'habitude de faire de nombreuses démarches en ligne, notamment pour tout qui touche à notre vie financière. La pandémie de Covid n’a fait qu’accélérer cette tendance.

Au cours des dix prochaines années, on peut raisonnablement tabler sur de nouveaux progrès technologiques, qui vont démultiplier les moyens d’action. La réglementation devra naturellement suivre le mouvement, tout comme notre propre ambition. Pour toute personne impliquée dans les systèmes de retraite professionnelle, les évolutions technologiques vont continuer à rendre les tâches plus faciles, plus rapides et plus réalisables, ce qui devrait accroître leur expertise technologique globale.

La technologie peut aussi optimiser les opérations d’un régime de retraite et améliorer les relations avec ses membres. Par exemple, les outils exclusifs et automatisés de Smart permettent de réduire les coûts d'administration des régimes. Autrement dit, une proportion plus élevée des frais payés par les membres peut être affectée à des composantes d'investissement, comme les marchés privés, les infrastructures et l'impact, qui sont plus coûteuses que pour les fonds passifs plus classiques.

Il est également important de proposer aux épargnants des applications et des outils numériques qui peuvent non seulement simplifier leurs décisions, mais aussi démystifier le monde des pensions pour ceux qui débutent dans le monde du travail.

Après tout, nous ne sommes que des êtres humains et il serait bien trop facile de considérer la gestion de nos pensions comme la rédaction d’un testament ou une déclaration d'impôts, à savoir une tâche à procrastiner. Si l'on ajoute à cela la complexité et la confusion dont sont souvent sources les systèmes de retraite, on peut comprendre que les gens ne s’en préoccupent pas.

Au cours des dix prochaines années, cependant, les nouvelles technologies devraient offrir des outils permettant de mieux éduquer et dialoguer et surtout de véhiculer le message selon lequel le niveau de contribution des fonds par défaut de 8 % ne sera probablement pas suffisant pour offrir une retraite confortable à beaucoup d'entre nous.

Nick Groom est responsable Stratégie et Ventes pour les régimes DC britanniques chez Natixis Investment Managers et Paul Bucksey est directeur des investissements de Smart Pension Master Trust
Natixis Investment Managers
RCS Paris 453 952 681
Capital: €178 251 690
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