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Pour bon nombre d’investisseurs, le principal facteur de risque réside dans la géopolitique. Il se pourrait qu’ils aient tort !

En 2014, un flot de mauvaises nouvelles a conduit les investisseurs à se demander s’ils ne devraient pas davantage tenir compte des facteurs géopolitiques dans leurs allocations d’actifs.

Les tensions croissantes en Ukraine et au Moyen-Orient, la propagation du virus Ebola et la résurgence d’inquiétudes au sujet de l’Europe sont autant de facteurs qui ont fragilisé la confiance. Selon une enquête de Bank of America Merrill Lynch menée auprès des gérants de fonds publiée en 20141, quelque 81 % d’entre eux considéraient les facteurs géopolitiques comme la menace la plus importante pour la stabilité des marchés financiers. Alors que les marchés développés se situent à leurs plus hauts niveaux historiques, ou flirtent avec ceux-ci, les investisseurs pensent clairement qu’une secousse géopolitique d’ampleur significative pourrait saper la fragile confiance retrouvée à l’issue de la crise financière.

L’histoire nous invite à ne pas paniquer

Ont-ils raison de s’inquiéter ? Si l’on regarde le passé, leurs craintes sont à l’évidence exagérées. Prenons l’exemple de la deuxième guerre d’Irak : si l’indice S&P 500® a brutalement chuté juste avant le déclenchement de l’offensive au début 2003, il a depuis rebondi pour atteindre un niveau deux fois supérieur à celui de mars 2003. De même, le S&P 500® a retrouvé son niveau d’avant le 11 septembre dans les deux ans qui ont suivi les attaques d’Al Qaida contre les États-Unis. Même l’impact financier de la Deuxième Guerre mondiale a été de courte durée en dépit de son tragique impact humain. Si les marchés ont chuté au cours des deux ou trois années précédant la guerre, ils ont récupéré leurs pertes dans les deux ans qui ont suivi sa fin.

Ainsi, sur le long terme, les investisseurs semblent faire fi des événements géopolitiques les plus dévastateurs. Aussi étrange que cela paraisse, il se pourrait même qu’ils les ignorent tout simplement. Bruno Crastes, Directeur général de H2O Asset Management, indique qu’il est impossible de tenter de prévoir ou de quantifier les facteurs géopolitiques pour les exploiter dans la gestion de portefeuille. « Au niveau mondial, il est difficile d’avoir des vues en termes de classe d’actifs » déclare Bruno Crastes. « À l’échelon d’un pays, nous nous intéressons à la situation économique et politique ».

Le vrai danger peut-il venir des banques centrales ?

H2O, filiale de Natixis Global Asset Management (NGAM), fait cependant valoir que les interventions des banques centrales – et en particulier celles de la Fed – constituent un réel danger mondial dont les investisseurs devraient tous tenir compte. Certains d’entre eux considèrent ces interventions comme un facteur géopolitique dans la mesure où l’assouplissement des politiques monétaires des banques centrales est régi par un opportunisme politique. « Depuis la fin des années 1990, le chômage de masse est politiquement inacceptable dans le monde anglo-saxon » déclare Bruno Crastes. « Les pays anglo-saxons offrent une couverture sociale faible comparée aux pays d’Europe continentale dans lesquels les prestations sont plus importantes, durent plus longtemps et sont dynamisées par des amortisseurs familiaux ».

Le refus du chômage à grande échelle est l’une des raisons pour lesquelles son évolution, que beaucoup ont comparée à celle de la crise de 1929, a en fait été plus proche de celle d’une récession normale. Les banques centrales sont intervenues et ont empêché la destruction créative qui se produit habituellement après une allocation inappropriée des actifs. « De ce fait, elles continuent de créer des bulles qui gonflent et éclatent » conclut Bruno Crastes.

L’inflation ne peut être endiguée pour toujours

Au final, la Fed et d’autres banques centrales seront cependant contraintes de relever les taux du fait de la hausse de l’inflation. Cette dernière a été muselée par la baisse des prix des matières premières, mais comme le chômage continue de diminuer et les salaires d’augmenter, l’inflation sousjacente finira par progresser.

Malgré les craintes omniprésentes selon lesquelles la hausse de l’inflation et des taux pourrait remettre en question la reprise américaine, Bruno Crastes considère qu’une évolution aussi extrême est improbable outre- Atlantique. « Les États-Unis s’en sortent très bien et pourraient revenir à l’équilibre budgétaire dans les deux prochaines années » déclare-t-il. « L’effet positif de la politique d’assouplissement quantitatif est qu’elle a permis d’assainir l’économie américaine et favorisé le désendettement ».

Dans ce cas, une inversion de la politique monétaire de la Fed pourrait-elle détruire l’économie européenne ? À nouveau, ceci nous semble improbable. « L’Europe est assez bien protégée car le secteur privé n’est pas endetté, même si les États souverains le sont » a déclaré Bruno Crastes.

Les pays émergents devront payer le prix

En fait, il y a fort à parier que la facture de la crise financière du monde occidental sera réglée par les pays émergents. Durant des années, l’assouplissement quantitatif s’est traduit par un affaiblissement du dollar, mais cette tendance marquée s’inversera lorsque les taux et le chômage augmenteront aux États-Unis. Si la baisse des monnaies aide les exportateurs des pays émergents dans un premier temps, elle finira par entraîner de l’inflation, une hausse des taux d’intérêt locaux et une diminution de la croissance. « Je ne dis pas que la croissance des pays émergents est terminée, mais à l’horizon de cinq ans environ, ils devront digérer l’accumulation de capitaux et le surinvestissement des dernières années » commente Bruno Crastes. « Nous ne sommes pas revenus à la situation de 1997, mais il y aura une récession ».

Ceci pourrait avoir un impact social et susciter, en toute bonne foi, des inquiétudes géopolitiques à l’égard de la Chine qui a besoin d’une croissance ininterrompue pour maintenir l’ordre social dans les villes en pleine expansion de l’Est du pays. « La Chine pourrait dévaluer de nouveau sa monnaie dans les deux prochaines années pour éviter les problèmes sociaux » déclare Bruno Crastes.

Toute idée selon laquelle la Fed viendra à la rescousse des pays émergents au détriment des consommateurs américains est totalement déplacée, conclut-il.

Les pays émergents devront payer le prix

En fait, il y a fort à parier que la facture de la crise financière du monde occidental sera réglée par les pays émergents. Durant des années, l’assouplissement quantitatif s’est traduit par un affaiblissement du dollar, mais cette tendance marquée s’inversera lorsque les taux et le chômage augmenteront aux États-Unis. Si la baisse des monnaies aide les exportateurs des pays émergents dans un premier temps, elle finira par entraîner de l’inflation, une hausse des taux d’intérêt locaux et une diminution de la croissance. « Je ne dis pas que la croissance des pays émergents est terminée, mais à l’horizon de cinq ans environ, ils devront digérer l’accumulation de capitaux et le surinvestissement des dernières années » commente Bruno Crastes. « Nous ne sommes pas revenus à la situation de 1997, mais il y aura une récession ».

Ceci pourrait avoir un impact social et susciter, en toute bonne foi, des inquiétudes géopolitiques à l’égard de la Chine qui a besoin d’une croissance ininterrompue pour maintenir l’ordre social dans les villes en pleine expansion de l’Est du pays. « La Chine pourrait dévaluer de nouveau sa monnaie dans les deux prochaines années pour éviter les problèmes sociaux » déclare Bruno Crastes.


Toute idée selon laquelle la Fed viendra à la rescousse des pays émergents au détriment des consommateurs américains est totalement déplacée, conclut-il.

1 179 sociétés de gestion, cumulant 524 milliards de dollars d’encours sous gestion, ont participé à cette étude mondiale. L’étude a été menée par BofA Merrill Lynch Global Research avec l’aide la société d’études marketing et d’opinion TNS. A travers son réseau international présent dans plus de 50 pays, TNS fournit des services d’information de marché dans plus de 80 pays auprès d’organisations nationales et multinationales. Il est classé 4ème plus gros groupe d’études de marché au monde.

Publié en décembre 2014

H2O Asset Management
Société de gestion de portefeuille de droit anglais
Autorisée et régulée par le Financial Conduct Authority
Enregistrée sous le n°529105
Siège social: 10 Old Burlington Street - London W1S 3AG
www.h2o-am.com

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