Points clés:

  • La blockchain va bouleverser la manière de réaliser des transactions comme Internet a révolutionné la communication avec le protocole TCP/IP.
  • Les enjeux de la blockchain dans la distribution de fonds sont de trois ordres : une meilleure connaissance des investisseurs, une plus grande efficacité, et enfin une accélération de l’innovation.
  • Les investisseurs institutionnels pourront naturellement bénéficier de la blockchain pour le passage de leurs ordres sur fonds d’une part, et dans le cadre des délégations de gestion de fonds dédiés à des asset managers d’autre part.
  • Ostrum AM a décidé d’être pionnier de la blockchain plutôt que suiveur, avec une première mondiale en 2017, et s’inscrit pleinement dans la ligne des travaux actuels des autorités et des régulateurs.
La blockchain est tout sauf un effet de mode. Elle va bouleverser la manière de réaliser des transactions comme Internet a révolutionné la communication avec le protocole TCP/IP.

Rappelons tout d’abord en quelques mots ce qu’est la Blockchain : une base de données - ou un grand livre de comptes - partagée entre plusieurs utilisateurs qui garantit la bonne identification des utilisateurs (transparence) d’une part, l’immuabilité et l’intégrité des data insérées (inaltérabilité) d’autre part, ainsi que l’accès permanent à l’historique de toutes les mises à jour effectuées (traçabilité).

La Blockchain est une technologie où toute nouvelle transaction validée est immédiatement distribuée sur l’ensemble du réseau sans l’intervention d’une autorité centrale.
Elle constitue également un formidable outil de désintermédiation des tiers de confiance très nombreux dans les services financiers (agent payeur, agent de transfert, centralisateur, teneur de compte titres, etc.). Cette réduction du nombre d’intermédiaires techniques entre l’investisseur final et la société de gestion devrait se traduire, in fine, par une réduction des coûts et des temps de traitement des opérations.

Dans la gestion d’actifs, on peut identifier plusieurs cas d’usage tels que la représentation et les transferts d’actifs financiers entre acteurs, la tenue de registre et de position investisseurs ou prêteurs, et l’exécution automatisée de règles métiers.

Ces applications peuvent concerner aussi bien l’actif que le passif du portefeuille :

  • A l’actif des portefeuilles sont impactées les activités de trading et d’exécution d’ordres, de réconciliation d’opérations entre les middle office des contreparties d’une transaction et règlement/livraison, de gestion des opérations de vote en assemblée générale, de gestion des opérations sur titres – fusions/absorption, de paiements de dividendes et de gestion de contrats de gré à gré.
  • Pour la gestion du passif, on peut citer la collecte des éléments d’identité des clients, la gestion des procédures de lutte anti blanchiment, la prise en charge des ordres des investisseurs et la tenue de leur position.
Si les premières sont encore peu nombreuses (mêmes si l’on observe une accélération des lancements de projets), il en va tout autrement coté passif, où les sociétés de gestion sont à la pointe de l’innovation compte tenu des enjeux.

Les enjeux de la blockchain : efficacité, baisse des coûts, connaissance client, innovation

Les enjeux de la blockchain dans la distribution de fonds sont de 3 ordres : une meilleure connaissance des investisseurs, une plus grande efficacité, et enfin une accélération de l’innovation.

Tout d’abord, la connaissance des investisseurs sera améliorée tout au long de la chaine de distribution des fonds (sicav, FCP). Actuellement, les dispositifs de marquage des ordres ne donnent qu’une vision très parcellaire du passif d’un fonds.

Par ailleurs, la Blockchain devrait permettre une plus grande efficacité générale, notamment grâce à une meilleure gestion du risque de liquidité par les sociétés de gestion et des baisses de coûts opérationnels supportés par les fonds, les distributeurs et les investisseurs. Ces baisses résulteront de la désintermédiation des centralisateurs et des agents de transfert côté fonds, de la dématérialisation des back office des distributeurs et de la réduction des droits de garde et des frais de transaction facturés aux investisseurs par les distributeurs.

Enfin, cette technologie agit comme un accélérateur d’innovations en favorisant le partage de la connaissance des investisseurs entre distributeurs et sociétés de gestion. Des interfaces utilisateurs améliorées et de nouveaux services de conseil personnalisé permettront aux équipes des distributeurs de mieux répondre aux besoins d’épargne de leurs clients.

La blockchain peut donc être vue comme une opportunité importante pour les distributeurs qui, avec l’aide des sociétés de gestion, seront mieux armés pour répondre aux besoins de leurs clients via une offre améliorée de services.

Les investisseurs institutionnels pourront naturellement bénéficier de la blockchain pour le passage de leurs ordres sur fonds. Ils n’auront ainsi plus à se préoccuper d’identifier le ou les dépositaires des fonds concernés. Le nombre de parts qu’ils détiendront dans les fonds sera également attesté directement par la blockchain sur laquelle ils détiendront un « compte » présentant l’ensemble de leurs positions. Pour ceux qui détiendront uniquement des parts de fonds, il ne sera donc plus nécessaire d’avoir un compte titres dans une banque.

Enfin, les investisseurs institutionnels qui délèguent la gestion de fonds dédiés à des asset managers pourront désormais passer leurs ordres de souscription ou de rachats de parts directement via les outils extranet ou App mis à disposition, dont les fonctionnalités seront enrichies pour devenir transactionnelles.

L’engagement précoce de Ostrum AM dans la blockchain

Étant donnés les enjeux pour le secteur de la gestion d’actifs, Ostrum Asset Management a décidé d’être pionnier de la blockchain plutôt que suiveur, avec une première mondiale en juillet 2017 où des investisseurs ont pu pour la première fois passer leurs ordres sur certains fonds de Ostrum Asset Management via la plateforme de blockchain « FundsDLT », fruit d’un partenariat entre KPMG Luxembourg, FundSquare et InTech. De quoi tester l’efficacité opérationnelle d’une telle solution.

Par ailleurs, l’étendue du nombre de fonds cross-border référencés par Fundsquare - plate-forme dédiée à la distribution des fonds d'investissement - pourrait aussi inciter de nombreux distributeurs à suivre le mouvement et à utiliser FundsDLT.

En 2018 seront lancées les premières offres commerciales de distribution de fonds via la blockchain, marquant la première vraie révolution depuis des décennies dans ce domaine.

Et demain ?

Ostrum Asset Management s’inscrit pleinement dans la ligne des travaux des autorités et des régulateurs qui suivent de très près les développements autour de la blockchain en cherchant tout autant à les encadrer qu’à les favoriser.

La Place de Paris veut devenir le fer de lance des applications Blockchain dans la finance et encourager le développement des Fintechs. C’est ainsi que le gouvernement français a publié en décembre une ordonnance permettant la gestion directe de la représentation des titres non cotés et des transferts de propriété via la Blockchain de manière plus simple et plus sécurisée. Par ailleurs, la Blockchain permet au distributeur de se conformer à la Directive MIFID2 en veillant à la bonne adéquation entre le fonds et le niveau de connaissance et la typologie de risque du client, palliant le risque de vente inappropriée.

Le groupe Natixis est également très présent à travers ses autres métiers dans plusieurs initiatives et consortium blockchain, notamment we.trade et R3 qui implique une quarantaine d’autres grands établissements financiers internationaux2.

Tant les grands institutionnels que les émetteurs ont intérêt à ces changements qui vont dans le sens d’échanges plus directs et moins couteux. Cela prendra encore un peu de temps car c’est aussi une révolution des mentalités qui est en jeu, mais à l’évidence, pour les métiers de gestions d’actifs, la blockchain est dans le sens de l’Histoire.

 


 1 ESMA (European Securities and Markets Authority), FCA (Financial Conduct Authority) and AMF(Autorité des Marchés Financiers).

2 La plate-forme we.trade regroupe sept banques (Rabobank, Deutsche Bank, HSBC, KBC, Natixis, Société Générale et UniCredit) et IBM. Cette plte-forme vise à faciliter le commerce national et transfrontalier pour les entreprises européennes en exploitant la puissance de la technologie des registres distribués. Avec un réseau mondial de partenaires, R3 développe des applications innovantes pour la finance et le commerce sur une plate-forme blockchain utilisant le protocole corda.

Publié en mars 2018

Ostrum Asset Management
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