Sur la Terre comme sur les marchés financiers, L’être humain n’a jamais cessé de vouloir dompter la nature à son propre avantage.  Mais la nature reprend toujours  ses droits.

POINTS CLÉS:

  • L’être humain n’a jamais cessé de vouloir dompter la nature à son propre avantage, comme gérer la crue des rivières par exemple. Les citoyens ont demandé aux autorités locales de gérer ces risques
  • Il en va de même pour les marchés. Les citoyens-investisseurs ont demandé aux banques centrales et aux gouvernements de tout faire pour dompter la volatilité naturelle du marché
  • Mais sur le long terme, la volatilité naturelle du marché est un bienfait. Plus les institutions vont réduire artificiellement la volatilité, plus les marchés seront exposés à des chocs susceptibles de se muer en crues financières

L’être humain n’a jamais cessé de vouloir dompter la nature à son propre avantage. Au fil des millénaires, les cours des rivières ont changé, crue après crue. Avec la sédentarité et l’installation des hommes et femmes à proximité de ces rivières pour des raisons pratiques (énergie, eau potable, égouts, etc.) le besoin de stabiliser les cours d’eau est apparu. Les citoyens ont demandé aux autorités locales de gérer ces risques. En réponse, celles-ci ont construit des digues et des barrages en amont, réduisant ainsi le nombre et la fréquence des crues. L’inconvénient de ces constructions est qu’elles ont donné aux gens l’illusion que les choses pouvaient rester stables et calmes. Des habitations ont été bâties tout près des rivières en partant du principe que les crues n’existeraient plus ; et quand la situation dégénère (digues insuffisamment hautes, rupture d'un barrage, etc.), les conséquences sont dramatiques, coûtant de nombreuses vies humaines et des milliards en couverture d’assurance.

Il en va de même pour les marchés. Pour poursuivre la parabole, disons que les citoyens sont les investisseurs, et qu’ils ont demandé aux banques centrales et aux gouvernements de tout faire pour dompter la volatilité naturelle du marché. Après 2008, les banques centrales ont déployé des moyens massifs pour répondre aux attentes des investisseurs (indications prospectives, actions préventives, etc.) : autrement dit, elles ont agi, et continuent d’agir, avant que les risques se présentent, en essayant d’anticiper et d'éviter tout ralentissement. Mais sur le long terme, la volatilité naturelle du marché est un bienfait, son avantage le plus évident étant celui d'éviter tout levier excessif et d'éliminer les risques de convexité cachée (positions courtes à effet de levier sur les ETN Vix, Autocalls, etc.). Plus les institutions vont réduire artificiellement la volatilité, plus les marchés seront exposés à des chocs susceptibles de se muer en crues financières.

Nous avons analysé l'évolution des marchés actions au regard de leurs différents mouvements. Pour chaque année depuis 1991, nous avons dénombré les « mouvements importants », que nous définissons comme une hausse ou une baisse de plus de 3 % de l’indice S&P500 sur un jour, ainsi que les « chocs importants », qui sont les situations dans lesquelles le mouvement du S&P500 sur un jour représente un écart-type supérieur à 4 par rapport à son évolution quotidienne moyenne au cours des 12 mois précédents. Les « mouvements importants » représentent donc des mouvements absolus, et les « chocs importants » des mouvements par rapport au passé récent. Comme on peut le voir ci-dessous, en 2018 se sont produit 5 « chocs importants » : 3 début février, 1 en octobre et 1 en décembre. Pour mémoire, si les performances des actions étaient normalement distribuées, la probabilité pour qu’un mouvement quotidien corresponde à un écart-type inférieur à +/- 4 serait égale à 0,999936657516334, ce qui signifie qu’une telle situation n’aurait lieu que tous les 43 ans environ. 

Leave mother nature FR

Bien sûr, les performances des actions ne sont pas normalement distribuées, et nous analysons les mouvements du marché par rapport au passé récent, mais il n’en reste pas moins que les années postérieures à 2018 paraissent très sujettes à de longues périodes de volatilité exagérément faible, suivies par des pics soudains, qui finissent par perturber grandement les investisseurs. Par conséquent, avec tout le respect que nous leur devons, voici notre conseil aux banques centrales et aux gouvernements : « Pour empêcher d’importants chocs de marché, laissez faire la nature ».

La volatilité est au cœur des processus d'investissement de Seeyond. Notre portefeuille d’actions minimum volatility est construit en choisissant des titres présentant de faibles corrélations et une volatilité réduite. Nous nous servons de la volatilité des marchés pour affiner l’allocation d'actifs de nos portefeuilles diversifiés et nous utilisons des dérivés pour investir directement dans la volatilité au sein de nos portefeuilles volatility et overlay. Au-delà des indicateurs standard de la volatilité, nous analysons dans le détail la structure du marché, afin de bien comprendre ce qui dicte ses mouvements et quels risques peuvent se dissimuler sous la surface.
Publié en octobre 2019

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